Faut-il intervenir en Syrie ?

Faut-il intervenir en Syrie ?

OUI
1
5%
NON
21
95%
 
Nombre total de votes : 22

Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar Vox Populix » 27 Août 2013 19:28

Si officiellement Washington n'a pas évoqué un quelconque projet de frappe contre le régime syrien de Bachar al-Assad, accusé à demi-mot par les Occidentaux d’avoir fait usage d’armes chimiques, l’imminence d’une telle démarche ne semble plus faire l’ombre d’un doute. Notamment aux yeux des médias américains, selon lesquels l’administration Obama se penche sérieusement sur le précédent du Kosovo afin de contourner le cadre légal incarné par le Conseil de sécurité, qui reste paralysé par le veto russe et chinois. Un haut responsable américain, cité par le quotidien "The New York Times", a récemment confié que "le Kosovo, pour sûr, est un précédent qui présente de nombreuses similarités", avec la situation en Syrie.


Après la Libye et le Mali, la France doit-elle participer à une intervention militaire en Syrie ?
Avatar du Gaulois
Vox Populix
 
Messages: 914
Inscrit le: 17 Mai 2011 11:15

...
 

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar politix » 27 Août 2013 19:44

BHL, malgré la catastrophe qu'il a engendrée en Libye, vous dira qu'il faut intervenir en Syrie mais c'est tout le contraire qu'il faut faire.

Intervenir dans quel but ? Celui de faire tomber le régime en place pour qu'un état islamiste y instaure la charia ? Se brouiller très gravement avec les russes et les chinois qui ne laisseront pas faire sans conséquences ? Sauver soi-disant des vies alors que ça fait 2 ans que tout le monde s'en fout après plus de 100000 victimes ?

Combien d'expériences calamiteuses avant que l'occident ne comprenne qu'intervenir ne fait qu'empirer les choses et que toutes ces ingérences ne mènent à rien. Quid de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Libye ?

Laissons donc ces pays à leur destin et occupons-nous plutôt de nos problèmes qui deviennent de plus en plus insurmontables jours après jours !
politix
 
Messages: 1053
Inscrit le: 16 Sep 2011 19:59

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar alain deloin » 27 Août 2013 19:50

armes chimiques mon cul, les américains ont aidé l'Irak à gazer des villages entiers lors de la guerre contre l'Iran !!!!!!!!!!!!!!! pas le top du top en matière de justicier du monde.
tous les pays arabes que l'on a voulu aider sombrent aujourd'hui dans le néant. les autres aussi d'ailleurs. :D
qu'ils se démerdent ou alors si on y va, on y reste et on se sert. c'est comme ça d'ailleurs qu'ils ont vécu leurs meilleures années.
Avatar du Gaulois
alain deloin
 
Messages: 670
Inscrit le: 20 Mai 2011 09:42

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar oscar » 27 Août 2013 19:58

Sans compter que l'on risque de tomber sur un os une fois de plus.

Et que dire de cette morale à deux balles, massacrer oui mais de façon conventionnelle !

Lamentable !
Avatar du Gaulois
oscar
 
Messages: 744
Inscrit le: 17 Mai 2011 18:19

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar alain deloin » 27 Août 2013 20:01

des arabes qui tuent la population avec des produits interdits chimiques, y en a plein les banlieues françaises, faut commencer par là.
Avatar du Gaulois
alain deloin
 
Messages: 670
Inscrit le: 20 Mai 2011 09:42

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar Jumbofan » 27 Août 2013 20:04

@politix, alain deloin & oscar
Entièrement d'accord en tous points avec vous. Cessons ces ingérences et occupons-nous de notre pays avant tout. Ca commence à bien faire. Nous n'avons en principe plus de fric mais on va en trouver pour jouer les redresseurs de torts. Ou bien alors on envoie F.H. et tout son gouvernement de nuls là-bas armes à la main et inch'allah. Qu'ils se fassent bouffer et nous en serons débarrassés. Pas une bonne idée ?
Venez en aide gratuitement aux animaux qui souffrent en vous connectant sur : www.actuanimaux.com
Avatar du Gaulois
Jumbofan
 
Messages: 1141
Inscrit le: 28 Mai 2011 18:12
Localisation: LGDR

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar panoramix » 27 Août 2013 20:26

Bonsoir les Gaulois

Rien à ajouter à tout ce qui vient d'être dit ou plutôt écrit.

La France n'a rien à faire en Syrie comme elle n'avait rien à faire en Afghanistan, en Libye ou encore au Mali.

A mon époque, quand on intervenait militairement à l'étranger, c'était pour conquérir ou respecter une alliance, certainement pas pour aller séparer des dictateurs et des intégristes.

Comme le dit alain, notre armée ou le peu qu'il en reste serait nettement plus utile dans nos banlieues.
Avatar du Gaulois
panoramix
 
Messages: 394
Inscrit le: 23 Mai 2011 13:37

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar vero » 28 Août 2013 06:07

Ca fait les affaires des Israeliens ; ne pas chercher plus loin .
vero
 
Messages: 538
Inscrit le: 10 Nov 2012 21:54

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar politix » 28 Août 2013 11:55

vero a écrit:Ca fait les affaires des Israeliens ; ne pas chercher plus loin .


:D

Un peu court jeune fille, pourriez-vous développer ?
politix
 
Messages: 1053
Inscrit le: 16 Sep 2011 19:59

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar Hyères-Le-Palyvestre » 28 Août 2013 19:21

Personne ne pourra dire que les choses n'étaient pas extrêmement claîres!

"Nicolas Maduro : "L’Occident a soutenu les rebelles pour préparer l’invasion de la Syrie"

"Les Etats-Unis et l’Otan ont armé des groupes de terroristes à l’intérieur de la Syrie pour préparer l’invasion de ce pays et le mettre sous leur contrôle", a écrit M.Maduro sur son compte Twitter. Le chef de l’Etat vénézuélien a réaffirmé que son pays était parmi ceux qui s’opposaient à une intervention militaire en Syrie. "Il s’agit d’une guerre d’occupation et d’anéantissement d’un peuple arabe, rempart historique et bastion de stabilité dans la région", a souligné M.Maduro. Mardi, le président vénézuélien a appelé la communauté internationale à mettre tout en œuvre pour empêcher une intervention étrangère en Syrie, en prévenant qu’une attaque contre ce pays marquerait le début d’une "guerre catastrophique".


Attaque chimique : les autorités syriennes fournissent les preuves de leur innocence

Les autorités syriennes ont fourni aux inspecteurs de l’ONU menant une enquête sur l’utilisation de l’arme chimique les preuves confirmant qu’elles ne l’avait pas utilisée, a déclaré aux journalistes à Damas le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faysal Mikdad. « Les troupes gouvernementales syriennes n’ont jamais utilisé les armes chimiques. Nous avons transmis des preuves à la commission d’enquête de l’ONU », a dit M. Mikdad. Précédemment il s’était rendu dans le bureau des inspecteurs. Le diplomate a également déclaré que « les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France avaient aidé les terroristes à utiliser les armes chimiques en Syrie » ayant ajouté que « bientôt les mêmes terroristes utiliseraient les armes chimiques contre les habitants d’Europe ».


Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov :

Les tentatives d’intervention armée en Syrie conduiront à « une destabilisation plus grande encore du pays et du reste de la région », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, au cours d’une conversation téléphonique avec l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi. Les diplomates sont tombés d’accord sur le fait que, à ce moment critique du conflit, toutes les parties, acteurs extérieurs y compris, devraient faire preuve de responsabilité et « ne pas répéter les erreurs du passé ». « La tension autour de la Syrie s’est exacerbée suite aux démarches et aux déclarations faites par certains pays », constate le ministère russe des Affaires étrangères.


Carla Del Ponte : l’arme chimique a été utilisée par les rebelles en Syrie

Selon plusieurs témoignages, ce sont les rebelles syriens qui se sont servis de gaz sarin, un agent neurotoxique interdit par le droit international, a déclaré la magistrate suisse Carla Del Ponte à la télévision. « La commission d’experts n’a trouvé aucune preuve de l’usage d’armes chimiques par l’armée syrienne », a indiqué Mme Del Ponte. Dans le même temps, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a déclaré que les experts avaient besoin de temps afin d’établir les faits et de faire le rapport approprié." (fin de citations)

Source :
Ria Novosti La Voix de la Russie



Ah j'oubliais!....Avant de sortir pour aller vomir!....Des nouvelles "toutes fraîches" :P :shock: d'un autre peuple "libéré" de la région....BAGDAD, CE JOUR....
(en attendant le brasier égypyien, là on va "rigoler"....de la barbaque en pagaïe!)

Image


Irak: série d'attaques dans la région de Bagdad - au moins 70 morts

Une voiture endommagée après un attentat à Bagdad (archives)
Photo : Keystone

Une série d'attentats à la bombe a fait au moins 71 morts et plus de 200 blessés mercredi à Bagdad, ont indiqué des sources proches de la police et du personnel médical. Un précédent bilan faisait état d'au moins 40 tués.

Ces actes, qui semblaient coordonnés, n'ont pas été revendiqués, mais des mouvements sunnites, tels que l'Etat islamique d'Irak et du Levant, qui se réclame d'Al-Qaïda, multiplient les attentats depuis plusieurs mois.

L'un des attentats a été commis à Djisr Diyala, dans le sud-est de la capitale, où sept morts et 23 blessés ont été signalés. Deux voitures piégées, qui ont également fait sept tués, ont par ailleurs été mises à feu à Sadr City, immense quartier chiite du nord-est de Bagdad.

Le ministère de l'Intérieur, qui parle d'actes "terroristes", fait quant à lui état de 20 morts et de 213 blessés au total.
Il s'agit de la journée la plus meurtrière depuis le 10 août, date de l'Aïd, qui célèbre la fin du ramadan. Près de 80 personnes avaient alors trouvé la mort.

Source:
http://www.bluewin.ch/fr/index.php/139, ... ional/sda/
Avatar du Gaulois
Hyères-Le-Palyvestre
 
Messages: 1411
Inscrit le: 24 Mars 2012 03:22

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar Berurix » 28 Août 2013 20:47

La France évitera-t-elle le piège syrien?
Par Ivan Rioufol

François Hollande décidera "dans les prochains jours" de l’action à mener contre le régime syrien, accusé - sans preuve puisque les experts n’ont pas encore rendu leurs conclusions - d’avoir utilisé illégalement des armes chimiques contre les rebelles. S’il est une erreur qui peut être encore évitée, c’est d’intervenir militairement dans ce conflit opaque, où se mêlent dans un même combat contre Assad la coalition nationale syrienne et les djihadistes partisans de l’épuration religieuse, et singulièrement des chrétiens. Paris à tout à perdre à soutenir un camp contre l’autre : personne n’est capable d’assurer aujourd’hui que la démocratie, évidemment souhaitée, s’installera à Damas. Il est même permis de redouter l’issue inverse, qui verrait les islamistes, chassés d’Egypte par le peuple, prendre le pouvoir en Syrie grâce aux Américains et à ses martiaux alliés. L’Occident s’est toujours trompé dans ses analyses et ses alliances politiques. Il en serait de même avec des frappes américaines, même limitées à quelques jours. Il est irresponsable de vouloir jouer avec des allumettes dans une région inflammable, et de relancer une guerre dans un pays endeuillé par plus de 100.000 morts. Le risque d’un conflit mondial, mobilisant la Russie, la Chine et l’Iran contre les partisans d’une intervention, est une hypothèse qui, à elle seule, oblige à une élémentaire prudence. D’ailleurs, le chef de l’Etat a admis, mardi, que "cette guerre civile (en Syrie) menace la paix du monde". Oui, il est urgent de ne rien faire car, malheureusement, il est trop tard.

La tentation est évidemment grande pour Hollande de feindre à nouveau, aux yeux du monde, la fermeté et le courage - déjà mis en scène avec un incontestable succès au Mali – afin de tenter de faire oublier ses hésitations et ses prudences qui irritent les Français. "La France est prête à punir", a-t-il grondé, en employant pour l’occasion un verbe qu’il s’interdit dans ses discours intérieurs, construits tout au contraire sur la recherche de l’"apaisement" et le rejet des affrontements. Reste que l’intervention malienne n’a eu aucun effet sur sa popularité en berne. Et la situation de la France est suffisamment inquiétante pour mobiliser à temps plein un président qui n’est pas à la hauteur de ses responsabilités. S’il y a une urgence à apporter des réponses, à envoyer des signaux, à montrer ses muscles, à faire respecter les grands principes, ce n’est pas en Syrie. Ce conflit appartient au monde musulman, qui s’entre-déchire entre chiites et sunnites. L’Occident a tout intérêt à s’en retirer, sur la pointe des pieds. D’ailleurs, l’opinion publique américaine le réclame à Barack Obama. Il est probable que l’opinion européenne partage cette même sagesse. Et vous, qu’en pensez-vous ?


http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2013/08 ... le-pi.html
"On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse." Georges Clemenceau
Avatar du Gaulois
Berurix
 
Messages: 2273
Inscrit le: 31 Mai 2011 00:33

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar Hyères-Le-Palyvestre » 28 Août 2013 21:04

Berurix a écrit:....L’Occident s’est toujours trompé dans ses analyses et ses alliances politiques....

Mais non Ivan, tu le sais très bien d'ailleurs, toi qui appartiens à la caste des domestiques de la Presse-aux-ordres,
le Plan continue de plus belle, depuis le 11 Septembre 2001, et depuis bien avant encore....

Encore un petit effort, mon vieux, même si tu n'es pas parmi les pîres larbins!


Syrie : un carnage pour éliminer les preuves de l’usage d’armes chimiques par les "rebelles"

Des centaines de civils et de soldats gouvernementaux ont été exécutés et sauvagement torturés par les djihadistes du Front al-Nosra, après la prise d’assaut de Khan-Al-Asal, une localité près d’Alep. Cet horrible carnage, la presse occidentale l’a occulté.

Les images d’une insupportable dureté, filmées par les auteurs du crime eux-mêmes, montrent dans toute leur effrayante monstruosité qui sont, en vérité, ces « opposants » qui veulent renverser le gouvernement légal syrien et que l’appareil médiatique et politique occidental a toujours présenté comme des « révolutionnaires » luttant contre un « régime tyrannique ». La journaliste Anastasia Popova qui s’est rendue, plusieurs fois en Syrie à la rencontre des victimes – et non pas à l’écoute des bourreaux – apporte un peu de vérité et d’humanité là où ses consœurs Sofia Amara, Édith Bouvier, Florence Aubenas ont affiché un total mépris des victimes et du sort que des hordes d’islamistes fanatisés font subir au peuple syrien qui, à plus de 70 %, soutient les forces gouvernementales qui les combattent dans des conditions difficiles.

Silvia Cattori : À la fin mars vous vous étiez rendue à Khan Al-Assal [1] – une localité fidèle au gouvernement de Bachar el-Assad – où vous aviez rencontré des témoins de l’attaque à l’arme chimique qui, le 19 mars, avait fait de nombreuses victimes. Après plusieurs mois d’assauts, le 22 juillet, Khan al-Assal est passé sous le contrôle du front terroriste al-Nosra. Avez-vous pu entrer en contact avec les témoins que vous avez connus alors ?

Anastasia Popova : De ce que j’ai pu apprendre, les forces gouvernementales, environ 100 soldats, ont été prises par surprise [le 26 juillet]. Ils savaient qu’il y avait des activités suspectes autour de Khan Al-Asal mais ne se doutaient pas que cela serait aussi important. Mes sources parlent d’environ 5 000 rebelles [en majorité des mercenaires entrés via la Turquie] qui ont attaqué simultanément. Ils ont même utilisé des tanks contre ces soldats. Que pouvaient faire 100 soldats contre 5 000 assaillants ? Malgré toute leur bravoure et leur courage, il leur était impossible de s’en sortir vivants. Ainsi quand Al-Nosra est entré et s’est emparé de la zone, ils ont rassemblé tous les soldats dans la rue principale, à l’entrée du quartier, sur une colline, et les ont exécutés. Quelques uns ont été trouvés plus tard avec de profondes blessures, peut-être ont-ils subi des tortures ; il y a eu aussi des décapitations.

Sur une photo diffusée par les rebelles [voir ci-dessous], j’ai reconnu la rue et l’endroit que nous avions visité quand nous étions là bas, à la fin du mois de mars. Dans la rue devant cette maison, nous avions bu avec ces jeunes soldats un café et du maté (une infusion traditionnelle). En effet, ils ne voulaient pas nous laisser partir avant que nous ayons accepté de boire et manger avec eux, un geste de courtoisie, une façon traditionnelle chez les Syriens d’inviter et de partager tout ce qu’ils ont avec leurs invités. Ils étaient drôles, faisaient des plaisanteries, se projetaient dans le futur en parlant de paix, mariage, enfants..., de leurs familles qui leur manquaient...

Sur les images prises par Al-Nosra, ce sont ces mêmes soldats que j’avais rencontrés que l’on voit allongés sur le sol, la plupart blessés, l’un d’entre eux n’avait que 22 ans. Son corps a été retrouvé plus tard à proximité des autres dans une décharge à l’extérieur de la ville.

Al-Nosra a tué des civils, des témoins oculaires de l’attaque chimique survenue en mars. J’ai essayé désespérément de contacter mes connaissances sur place ; leurs téléphones ne répondent pas. Lorsque vous apprenez que quelqu’un que vous connaissez a été tué, vous refusez de le croire, vous commencez par l’appeler et quand vous entendez cette voix glaciale et métallique répétant cette même phrase « Le numéro que vous avez demandé, n’est pas disponible actuellement », vous haïssez cette phrase... Je ne sais pas si des témoins ont réussi à s’échapper. Mais je crains que tous aient été tués. Plus de 200 personnes en un jour ont été exécutées par Al-Nosra.

Silvia Cattori : Quelles peuvent être maintenant les conséquences pour la population, qui ne se trouve plus sous la protection des forces gouvernementale ?

Anastasia Popova : Que peuvent être les conséquences d’un massacre, d’un crime contre l’humanité, d’une injustice flagrante et d’un déni total de l’Occident et de l’ONU ? Des centaines de vies ruinées juste dans un petit quartier, les souffrances insupportables et inimaginables de gens ordinaires, des vies brisées, des orphelins traumatisés, l’horreur dans les rues.

Parce qu’il n’avait pas prié au bon moment, des hommes d’Al-Nosra ont coupé la langue d’un enfant de 10 ans. Essayez juste une fois de regarder un enfant dans les yeux et de répondre à sa question muette. Qu’a t-il fait de mal pour mériter une telle « démocratie de la Charia » ? Il ne connait rien à la politique ; ce qu’il veut seulement, c’est jouer avec d’autres enfants comme il le faisait avant cette guerre. Des gens s’étaient enfuis de la région de Kafr Douli pour venir se réfugier à Khan Al-Asal afin d’échapper à ces rebelles. Mais ceux-ci ont réussi à les rejoindre et ils ont eu leur « jour de revanche ». Ainsi plus de 200 personnes ont été assassinées, plus de 200 vies ont été supprimées en une seule journée. C’est vraiment horrible.

Silvia Cattori : La diplomatie russe a remis récemment au secrétaire général de l’ONU les résultats de l’analyse des échantillons prélevés à l’endroit où où une attaque chimique avait frappé les habitants de Khan al-Assal en mars [2]. Les autorités syriennes ont demandé à l’ONU de se rendre en Syrie pour enquêter sur cette attaque. Une délégation vient juste d’arriver en Syrie [3]. Leurs experts seront-ils encore en mesure de trouver des survivants parmi les témoins de l’attaque chimique ? Ou pensez-vous que, désormais, toute enquête sera impossible et que la France et la Grande Bretagne, qui apportent leur aide aux groupes « rebelles » et attribuent ce crime au gouvernement, vont pouvoir contester les preuves apportées par la Russie ?

Anastasia Popova : Alors maintenant l’ONU a subitement accepté de se rendre à Khan Al-Asal ? Alors maintenant les experts de l’ONU veulent aller inspecter la zone ? Et ceci après presque quatre mois de demandes de la part du gouvernement syrien ?

Quelle curieuse coïncidence ! Avec qui les experts de l’ONU ont-ils l’intention de parler de l’attaque à l’arme chimique qui a fait de nombreuses victimes en mars ? Avec les âmes des témoins oculaires ? Ou peut être avec leurs dépouilles ?

Bien sûr, ils ne remarqueront même pas qu’un nouveau massacre s’est produit. Ainsi peut-être que les rebelles d’Al-Nosra se confesseront et diront aux inspecteurs de l’ONU comment ils ont tiré une roquette avec du gaz sarin hautement toxique sur les habitants de Khan Al-Assal. Peut-être que les rebelles leur expliqueront pourquoi ils ont tué avec du poison chimique une trentaine de civils incluant femmes et enfants ? Peut-être leur diront-ils où sont enterré les témoins qui avaient parlé avec la commission de l’ONU et avaient fourni les éléments qui avaient permis à Mme Carla del Ponte d’affirmer que c’étaient les rebelles qui avaient utilisé des armes chimiques et non pas le gouvernement syrien. Ou peut-être peuvent-ils remercier ces enquêteurs qui se sont comportés comme des lâches en ne mentionnant pas ces éléments de preuve dans le rapport final de la Commission d’investigation ?

Il est évident que l’assaut qui a frappé Khan Al-Assal, juste après qu’un accord a été trouvé entre l’ONU et Damas, était planifié. Il est évident que si les enquêteurs de l’ONU visitent la zone, les témoignages qu’ils pourront obtenir sur place seront biaisés parce que les véritables témoins, s’il y en a qui sont encore en vie, ne parleront plus maintenant que les rebelles d’Al-Nosra sont sur place.

Et que diront les rebelles aux enquêteurs ? Que c’est le gouvernement de Bachar el-Assad qui a lancé l’obus qu’ils avaient eux-mêmes lancé. Que c’est le gouvernement qui a tué ses propres sympathisants et ses propres soldats dans ce quartier de Khan Al-Assal – où tous les habitants sont fidèles au gouvernement d’el-Assad – parce que le gouvernement est démoniaque… Ce qui est un non-sens pour les gens qui se donnent la peine de penser… mais une vérité cristalline pour l’ONU !

Silvia Cattori : Je vous remercie, chère Anastasia Popova.

Source:
silviacattori.net





"La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens"
Intervention du colonel Alain Corvez au colloque sur la Syrie du 19 juin à l’Assemblée nationale


« La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens. »

C’est ainsi que présentait la crise syrienne de façon magistralement synthétique un homme qui ne peut être accusé d’être un suppôt du régime de Damas, lui qui dénonça en son temps l’occupation militaire de son pays par Damas. Je veux parler du Patriarche maronite du Liban et de tout l’Orient, Béchara El Raï lors de la venue du pape Benoît XVI à Beyrouth en septembre 2012.

Cette affirmation est chaque jour vérifiée un peu plus. Le nombre de combattants « takfiristes » de nationalités étrangères, notamment européennes, soutenus et armés principalement par le Qatar et l’Arabie Séoudite avec le soutien de la Turquie, de la Jordanie et des services occidentaux ayant atteint des dizaines de milliers de non syriens, prouve que nous sommes en présence d’un complot international pour renverser le régime en place à Damas, jugé indésirable par les monarchies du Golfe dont la doctrine féodale wahhabite est à l’opposé de l’islam sunnite modéré qui a toujours caractérisé la Syrie, comme la cohabitation harmonieuse entre de nombreuses confessions religieuses différentes.

Bien sûr, une frange irréductible de Syriens sunnites proches ou membres des Frères musulmans, héritiers des insurgés de 1982 à Hama, ajoutés à ceux de la révolte commencée il y a deux ans, sont décidés à renverser le pouvoir par les armes, moins pour établir la démocratie, déjà proposée dans les nouveaux textes constitutionnels, mais par hostilité fondamentale à Bachar El-Assad.

Il faut en effet prendre un peu de recul pour porter un regard serein et objectif sur cette crise dramatique, qui continue à tuer de nombreux innocents en plus des combattants des deux bords, souvent de façon inhumaine et odieuse, et remonter aux origines.

Dès son arrivée au pouvoir en 2000 alors qu’il ne l’avait pas cherché, le jeune président Bachar El-Assad s’est attelé à la tâche énorme de moderniser son pays pour l’adapter au monde présent, gêné par la conjoncture internationale qui le confrontait à d’autres priorités, comme l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005 puis la guerre entre Israël et le Liban à l’été 2006, et par une « vieille garde », lucide contrairement à ce qui a été dit, mais obnubilée par la crainte que les libertés accordées trop vite dans divers domaines ne débouchent sur une « perestroïka » qui entraînerait le même écroulement qu’en URSS.

Le « printemps arabe » qui éclata en Tunisie puis en Égypte fin 2010 ne devait pas se produire en Syrie, qui ne présentait pas le même immobilisme dictatorial que ces pays. Pourtant, en mars 2011, des manifestations pacifiques au nom de la démocratie se produisirent à Deraa, ville aux confins jordano-israéliens, rapidement instrumentées afin de tuer manifestants et forces de l’ordre et provoquer l’enchaînement de la violence.

Conscient de la gravité des évènements, le régime engagea alors un train de réformes accélérées pour déboucher sur une nouvelle Constitution totalement démocratique, avec la suppression du parti unique et l’attribution des libertés dans tous les domaines. Ces réformes furent noyées par ceux qui n’étaient pas intéressés par la démocratisation de la Syrie mais par le renversement d’un régime qui défend depuis longtemps la cause arabe face à Israël, accueillant des réfugiés palestiniens et iraquiens par millions.

Paradoxalement, ce sont les États les moins démocratiques au monde qui sont le fer de lance des attaques pour renverser le pouvoir de Damas, États qui se voient encouragés par un Occident semblant avoir perdu ses repères, armant ou facilitant l’armement de djihadistes qu’il combat partout ailleurs dans le monde, notamment au Mali.

Mais le régime a montré sa force et sa cohésion en résistant depuis plus de deux ans à ces attaques brutales. L’armée, constituée majoritairement de sunnites, est, dans son immense majorité, restée fidèle et disciplinée aux ordres de ses chefs et avec le soutien de la population, qui l’appelle souvent pour la protéger des exactions des rebelles ; quant au monde politique et diplomatique il est aussi globalement resté à son poste.

Les takfiristes, dominant depuis des mois les mouvements rebelles, et l’opposition politique extérieure, créée et soutenue par les Occidentaux, ne parvenant ni à s’entendre ni à s’organiser, de nombreux opposants déposent les armes depuis quelques semaines, conscients que l’islam prôné par les rebelles n’est pas celui qu’ils souhaitent pour leur pays et ne veulent plus être associés à ces extrémistes.

D’autant plus qu’il existe maintenant une quinzaine de partis politiques qui proposent des programmes inspirés par la démocratie et les libertés fondamentales, et qu’un ministère de la réconciliation nationale sous l’égide duquel un dialogue constructif s’est installé est à l’œuvre depuis plus d’un an.

Le caractère international de la crise syrienne est renforcé par les soutiens extérieurs de Damas, Russie et Chine, ayant clairement signifié qu’elles n’accepteraient pas un changement de régime provoqué en Syrie, jugeant que le nouvel ordre mondial multipolarisé imposait la fin de ces affrontements par une solution négociée entre les grandes puissances. Après avoir cru possible une chute rapide du régime, l’Amérique en a convenu depuis peu et nous nous dirigeons désormais vers cette issue pacifique.

Il faut enfin que cesse la désinformation propagée par les médias d’un tyran sanguinaire qui prendrait plaisir à tirer sur son peuple, et même à employer les armes chimiques, pour aller plus vite ou plus loin dans son œuvre. La vérité est que le régime se défend contre un complot international visant à le renverser et qu’il combat des forces militaires commettant des exactions souvent insoutenables, avec l’appui de la majorité de son peuple, toutes confessions et ethnies confondues.

La « paix des braves » a été déjà proposée aux rebelles syriens et, comme je viens de le dire, a été acceptée par certains ; mais reste à régler le sort des milliers de combattants islamistes étrangers qui pourraient transporter ailleurs dans le monde leur soif de sang et de massacres odieux, au nom d’un dévoiement pervers des principes de l’Islam, alimentant dramatiquement les haines pour la noble religion des fidèles du Coran.

Source:
tayyar.org





Tomas Young est devenu paralysé à la suite d’une attaque surprise alors qu’il se trouvait dans un camion en Iraq pendant la guerre en 2004.

Une balle d’AK-47 a sectionné sa moelle épinière, une autre a éclaté sa rotule.

Young est devenu instantanément paralysé, et depuis, après de multiples complications, son état n’a cessé de se dégrader, au point qu’il nécessite une assistance même pour les gestes les plus élémentaires de la vie quotidienne.

Il est tellement désespéré qu’il a programmé son suicide en avril prochain.

10 ans jour pour jour après l’invasion américaine en Irak, Young a écrit une lettre ouverte à l’attention de l’ex-président des États-Unis George W. Bush et de son vice-président, Dick Cheney :


Image


Je vous écris cette lettre le jour du 10ème anniversaire de la guerre en Irak au nom de mes frères d’armes de la guerre en Irak. J’écris cette lettre au nom des 4 488 soldats et Marines qui sont morts en Irak. J’écris cette lettre au nom des centaines de milliers de vétérans qui ont été blessés, et au nom de ceux dont les blessures physiques et psychologiques ont détruit leur vie. Je suis l’un de ceux qui ont été gravement blessés. J’ai été paralysé à la suite d’une embuscade d’insurgés à Sadr City en 2004. Ma vie arrive à sa fin. Je vis dans une unité de soins palliatifs. (…)

Je vous écris cette lettre au nom du million d’Irakiens morts, et au nom des innombrables Irakiens blessés. J’écris cette lettre au nom de nous tous – les détritus humains que votre guerre a laissés derrière elle, ceux qui vont passer le restant de leurs jours dans une douleur et une tristesse infinies.

Je vous écris cette lettre, ma dernière lettre, à vous M. Bush et M. Cheney, non pas parce que je pense que vous saisissez les terribles conséquences humaines et morales de vos mensonges, de vos manipulations et de votre soif de richesse et de pouvoir. J’écris cette lettre avant ma propre mort parce que je voudrais qu’il soit clair pour vous que mes centaines de milliers de frères d’armes et moi-même, comme des millions de mes concitoyens, comme des centaines d’autres millions de personnes en Irak et au Moyen-Orient, savons pleinement qui vous êtes et ce que vous avez fait. Vous pouvez peut-être échapper à la justice mais à nos yeux chacun de vous est coupable de crimes de guerre odieux, de pillage, et finalement de meurtre, y compris le meurtre de milliers de jeunes Américains – mes frères d’armes – dont vous avez volé l’avenir.

Votre autorité, vos millions de dollars de richesse personnelle, vos conseils en relations publiques, vos privilèges et votre pouvoir ne peuvent masquer la superficialité de votre personnalité. Vous nous avez envoyés au combat et à la mort alors que vous, M. Cheney, vous avez esquivé l’appel pour la guerre du Vietnam, et vous, M. Bush, vous avez déserté votre unité de la Garde Nationale. Cela fait des années que vous avez démontré votre lâcheté et votre égoïsme. Vous n’avez pas voulu risquer vos vies pour votre nation, mais vous avez envoyé des centaines de milliers de jeunes gens sacrifier la leur dans une guerre insensée sans plus de réflexion qu’il n’en faut pour sortir les poubelles.

J’ai rejoint l’armée deux jours après l’attaque du 11 septembre 2001. J’ai rejoint l’Armée parce que notre pays avait été attaqué. Je voulais nous venger de ceux qui ont tué 3 000 de mes concitoyens. Je n’ai pas rejoint l’Armée pour aller en Irak, un pays qui n’avait rien à voir avec les attaques de septembre 2001 et qui ne posait pas de menace pour ses voisins, et encore moins pour les États-Unis. Je n’ai pas rejoint l’armée pour « libérer » les Irakiens ou pour fermer des sites hébergeant des « armes de destruction massive » imaginaires, ou pour implanter ce que vous appelez cyniquement la « démocratie » à Bagdad ou au Moyen-Orient. Je n’ai pas rejoint l’armée pour reconstruire l’Irak, dont vous nous avez dit à l’époque que cela pourrait être remboursé par les recettes du pétrole irakien. Au lieu de cela, cette guerre a coûté plus de 3 000 milliards de dollars aux États-Unis. (…)

Sur tous les plans, moral, stratégique, militaire et économique, l’Irak a été un échec. C’est vous qui devriez en payer les conséquences. (…)

Comme beaucoup d’autres vétérans handicapés, j’ai fini par comprendre que nos blessures physiques et mentales ne vous intéressent guère, et qu’elles n’intéressent probablement aucun politicien. Nous avons été utilisés. Nous avons été trahis. Et vous nous avez abandonnés. Vous, M. Bush, vous brandissez constamment votre foi de chrétien. Mais est ce que mentir n’est pas un péché ? Et le meurtre, n’est ce pas un péché ? Et le vol et l’ambition égoïstes ne sont-ils pas des péchés ? Je ne suis pas chrétien. Mais je crois en l’idéal chrétien. Je crois que ce que vous faites au moindre de vos frères, vous vous le faites à vous-même, à votre propre âme.

Le jour de mon jugement dernier approche. Le vôtre viendra. J’espère que vous serez jugé. Mais surtout, j’espère, pour votre propre conscience, que vous trouverez le courage moral de faire face à ce que vous nous avez fait, à moi et à plein d’autres qui méritaient de vivre. J’espère qu’avant la fin de votre vie sur Terre, alors que la mienne se termine, que vous trouverez la force de caractère pour implorer le pardon du public américain et du monde, en en particulier du peuple irakien.

Source:
http://www.truthdig.com/dig/item/the_la ... _20130318/


Image
Avatar du Gaulois
Hyères-Le-Palyvestre
 
Messages: 1411
Inscrit le: 24 Mars 2012 03:22

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar jamaisravix » 28 Août 2013 23:06

Tout prouve que c'est le régime qui a utilisé les armes chimiques mais dans le même temps, il est évident que ce sont les rebelles qui y ont eu recours :o :shock:

Illusions, arnaques, je te vois, je te vois plus, abracadabra ! Embrouilles impérialistes face à l'escroquerie fondamentaliste, qu'ils aillent se faire reluire la rondelle.

En fait, on s'en tape puisque la seule chose intelligente à faire, c'est de regarder et de laisser tous ces arabes se foutre sur la gueule comme ça leur chante. Que ce soit en Egypte, en Libye, en Syrie ou en Tunisie, ils prouvent leur incapacité totale à mériter autre chose que des baffes dictatoriales dans la tronche ou un chaos révolutionnaire total.

Je vous le dis les gaulois, occupons-nous des nôtres en priorité et il y a un gros chantier.
jamaisravix
 
Messages: 383
Inscrit le: 25 Juin 2011 00:20

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar Hyères-Le-Palyvestre » 28 Août 2013 23:19

50 ans jour pour jour....impossible de ne pas s'occuper aussi un peu du "cas Obama", le dernier visage en date, de l'Empîre....au demeurant fort sympathique et intelligent....


Image






J’ai grandi dans un lotissement de mobile homes au fin fond de l’Indiana et j’étais à peine adolescent lorsque j’ai commencé à participer aux concours régionaux d’art oratoire. Je déclamais les célèbres discours de Martin Luther King. Son esprit venait souffler dans mon âme, les rythmes de sa passion rhétorique étaient pour moi plus qu’hypnotiques. Au lycée, le discours qui m’a permis de remporter le plus de récompenses est celui dont nous fêtons le 50e anniversaire le 28 août : “Je fais un rêve.” C’est l’une des harangues les plus célèbres du XXe siècle.

Mais les commémorations et les célébrations sont des affaires délicates. Dans le brouillard de l’histoire, les réalités sociales et politiques sont reconstruites pour cadrer avec l’air du temps. Il n’y en a pas de meilleur exemple que les manifestations en l’honneur de la Marche sur Washington [de 1963].

Si Martin Luther King, emblème du mouvement pour les droits civiques, vivait aujourd’hui, se pourrait-il qu’il ne soit même pas invité ? Refuserait-on de lui accorder la parole en 2013 pour la même raison qui avait poussé le président John F. Kennedy à ne pas participer à la Marche en 1963 : le risque élevé d’un retour de manivelle politique ? Kennedy avait choisi de regarder la Marche à la télévision, dans la sécurité de la Maison-Blanche.

Par une fascinante double ironie du sort, ce qui permet au président Obama de prendre part si aisément au cinquantenaire du discours est que Martin Luther King est un martyr mort. Sinon, comme Kennedy, il aurait peut-être lui aussi été enlisé dans un dilemme difficile sur l’opportunité de partager la scène avec un homme qui aurait certainement clamé des vérités désagréables et embarrassantes. Pour le dire plus simplement, Kennedy n’y est pas allé parce que Martin Luther King y était. Obama peut y aller parce que Martin Luther King n’y sera pas.

L’histoire nous apprend que, si le véritable esprit de Martin Luther King s’invitait à la fête, il se manifesterait hardiment. Tout comme il a condamné l’utilisation du napalm pendant la guerre du Vietnam, il condamnerait certainement l’utilisation de drones dans l’assassinat de civils innocents – des femmes et des enfants, pour la plupart.

Lorsque Martin Luther King a commencé à critiquer la guerre dans le Sud-Est asiatique, le président Lyndon B. Johnson a annulé l’invitation qu’il lui avait lancée de venir à la Maison-Blanche. Le Prix Nobel de la paix est devenu persona non grata. Mais le prédicateur a continué à prêcher, dénonçant les agressions américaines à l’étranger et la négligence américaine en Amérique. Et il a consacré les cinq dernières années de sa vie non au sort pénible des “classes moyennes”, mais à celui des pauvres.

Dans les années qui ont suivi la Marche, la cote de popularité de Martin Luther King s’est effondrée. Mais il a continué à se battre. Il a déménagé à Chicago pour organiser sa Campagne des pauvres. Et, bien entendu, les circonstances de son assassinat sont à jamais liées à son dernier combat : la dignité des éboueurs de Memphis.

Penser que, pour le 50e anniversaire de la Marche, Martin Luther King ne parlerait pas de guerre, de pauvreté, de faim, du droit de vote et des attaques contre la classe laborieuse américaine défie toute logique.

C’est à Detroit, le 23 juin 1963, que Martin Luther King a prononcé pour la première fois son célèbre “Je fais un rêve”. Et c’est aujourd’hui à Detroit que la faillite de la ville menace de priver les employés municipaux de leurs retraites. On connaît également les stratégies antisyndicales ourdies par des politiques tels que le gouverneur républicain Scott Walker dans le Wisconsin et le maire démocrate de Chicago, Rahm Emanuel. Peut-on imaginer la réaction des médias sociaux aux observations incontestables mais politiquement incorrectes de Martin Luther King ?

Avec mes concitoyens, je fêterai le 28 août 1963 comme le jour de la plus grande manifestation pour l’emploi et pour la liberté de l’histoire de notre pays. Moi aussi, j’exprimerai ma gratitude pour la vie et le legs de l’homme que je considère comme le plus grand Américain que nous ayons produit. Mais quel Martin Luther King évoquerons-nous ? Le rêveur, ou le chef des tambours de la justice ? Pour moi, le vrai sens du message de King est lamentablement bafoué. Peut-être parce qu’il ne rentre pas nettement dans une phrase choc de douze secondes ni un tweet de 140 caractères… quoi que : “Justice pour tous, service du prochain et amour libérateur.”


Publié le 15 août
Note :* Chroniqueur et animateur d’émissions de débat à la télévision et à la radio.

Source:
http://www.courrierinternational.com/ar ... rait-obama


P.S. pour jamaisravix: L'Empîre s'occupe aussi activement des "nôtres"....dans "nos" banlieues, avec le fric de leurs "fidèles alliés" (de la région),
quand ceux-ci sont entre deux tournées de putes à Marbella. Impossible de se cacher la tête sous le sable, dans un petit coin de notre "France"
désormais devenue Elle-même, une sorte de "banlieue" livrée à la racaille, sous l'égîde de la mafia internationale....

Les "heures les plus sombres de notre Histoîre" sont à venir, ce n'était pas comme on nous raconte à la télé, avec les vilains méchants que l'on traque
sans relâche - et sans pîtié! une autre conception (tribale) de la Justîce - jusqu'au dernier, pussent-ils être devenus centenaires, comme on a vu récemment....
Avatar du Gaulois
Hyères-Le-Palyvestre
 
Messages: 1411
Inscrit le: 24 Mars 2012 03:22

Re: Faut-il intervenir en Syrie ?

Message non lupar avechelice » 29 Août 2013 09:39

Salut,

Comment couvrir la Syrie depuis Beyrouth, Liban
1. Écrivez vous-mêmes vos articles, mais reposez-vous sur un nombre restreint de pigistes locaux mal payés qui pourront traduire et interpréter pour vous.

2. Appelez le bureau de presse Hariri ou les attachés de presse des groupes d’exilés syriens pour, basiquement, vous prendre en main dès votre arrivée en ville.

3. Vous n’avez pas besoin de quitter votre logement : votre travail demande d’utiliser intensivement Skype. Vous n’avez pas à rechercher des adresses Skype : le bureau de presse de Hariri et ses alliés dans les groupes d’exilés syriens vous fourniront tous les noms, et en inventeront même pour vous.

4. Il est bienvenu de se montrer émotif dans votre converture, en sympathie pour les groupes armés syriens, de la même façon qu’il est malvenu de se montrer émotif dans la couverture du côté arabe du conflit israélo-arabe.

5. Traitez largement les souffrances humaines, sauf si elles sont causées par les groupes armés syriens eux-mêmes.

6. Ne citez pas les vrais leaders des groupes syriens exilés dirigés par les islamistes : à la place, citez des syriens vivant dans des pays occidentaux, de façon à donner un visage occidentalisé aux groupes d’opposition en exil.

7. Essayez de minimiser le rôle de l’Arabie séoudite, du Koweit et de la Turquie aux côtés des groupes armés syriens.

8. Sentez-vous libres d’appeler à de la levée de fond dans vos articles, via de constantes références à la pauvreté des groupes armés et à leur manque d’armes et d’équipement. Versez également quelques larmes.

9. Tentez de montrer l’humanité des groupes armés : des photos d’enfants soldats devraient permettre de souligner qu’ils ne sont après tout que des enfants et qu’ils représentent le visage humain des groupes armés.

10. Ne parlez pas aux deux camps opposés du conflit. Un seul camp (le camp soutenu par l’Arabie séoudite et le Qatar) suffit.

11. Souvenez-vous : les attentats à la voiture piégée ne sont pas une mauvaise chose s’ils sont utilisés par le camp soutenu par les États-Unis. Les voitures piégées ne sont des armes de destruction haineuses que lorsqu’elles sont utilisées par des ennemis des États-Unis.

12. Dans les articles sur les interventions étrangères en Syrie, souvenez-vous que les interventions de la part de l’Arabie séoudite, du Qatar, de Bahreïn, de la Turquie, de la Jordanie, de la Libye, de l’OTAN, d’Israël, de l’Union européenne et des États-Unis… ne sont pas vraiment des interventions. Ce sont tout juste des gestes de bonne volonté humanitaire. Par interventions étrangères on ne désigne que celles de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah.

13. En abordant les interventions libanaises en Syrie, souvenez-vous que nous ne parlons que du Hezbollah. Les inverventions (militaires et autres) menées par Hariri et les groupes salafistes ne comptent pas et ne doivent pas être considérés comme des interventions.

14. Souvenez-vous que la référence en matière de professionnalisme journalistique dans la converture de la Syrie, ce sont les médias des princes séoudiens et de la famille Hariri.

15. Les rumeurs et fabrications colportées par les médias Hariri et séoudiens sont automatiquement considérées comme « bonnes pour publication » si elle vont dans le sens de la propagande de la coalition dirigée par les États-Unis.

16. Les préjugés et le sectarisme contre les alaouites sont indispensables pour comprendre le conflit syrien. S’il vous plaît, ne vous référez aux alaouites, y compris les bébés, que sous le vocable « shabiha ». Cela rendra plus facile la justification de leur meurtre par les groupes armés.

17. Faites de votre mieux pour dissimuler les direction et les appartenances lourdement islamistes et fanatiques des groupes armés. À la place, essayez de trouver quelqu’un qui porte des jeans et prétendez qu’il parle pour le groupe armé gauchiste et laïc.

18. Toute histoire sur la défection d’une seule personne, même d’un simple soldat, ou de l’assistant du chauffeur d’un petit employé dans l’usine de recyclage d’une collectivité locale devrait bénéficier d’une couverture avantageuse.

19. S’il vous plaît oubliez votre ancienne hostilité envers al-Jazeera. Al-Jazeera a maintenant changé et nous la considérons comme une chaîne exemplaire représentant la magnifique propagande de la famille royale qatari.

20. La famille Hariri vous fournira des noms et des numéros de téléphone de types travaillant dans les forces de sécurité libanaises, et ceux-ci vous fourniront avec plaisir toute information ou rumeur qui nuirait aux intérêts du Hezbollah, et vous pourrez citer ces individus comme “des officiels sécuritaires de haut niveau du goruvernement libanais”.

21. Les intérêts et la propagande israéliens devraient être lourdement représentés dans votre couverture, et Israël devrait être présenté comme un ami du peuple syrien – en laissant évidemment de côté son occupation et ses attaques contre le territoire syrien.

22. Exactement comme pour l’opposition irakienne en exil avant 2003, souvenez-vous s’il vous plaît que toutes les personnalités de l’opposition syrienne en exil sont intelligentes, éloquentes (même dans le cas du Cicéron de Syrie), et vraiment amusantes.
NdT : le « Cicéron de Syrie » est une plaisanterie récurrente d’Angry Arab se moquant du “Dr.” Radwan Ziadeh à Chicago :
http://www.youtube.com/watch ?v=CK7lDnws0Z4

23. Lorsque vous parlez des armes chimiques syriennes, s’il vous plaît ne mentionnez jamais l’arsenal d’armes de destruction massive israéliennes. Au contraire, dans le but de toujours présenter les israéliens comme les victimes, utilisez des photos d’israéliens prenant la pose avec des masques à gaz, à chaque fois que vous abordez la question des armes chimiques syriennes.

24. Souvenez-vous que vous êtes engagé pour entretenir le moral des troupes et pas seulement pour « couvrir » le conflit. Chaque semaine vous devez écrire quelque chose suggérant que le régime de Bashar est en train de s’effondrer et que les rebelles sont tout juste en train de prendre le contrôle des banlieues de Damas.

25. Il est important de rappeler aux lecteurs que 99% du peuple syrien soutiennent les États-Unis et Israël pour leur rôle en Syrie, et que 99% d’entre eux sont violemment opposés au régime. Seuls les crapules et les voyous soutiennent encore le régime.

26. Pour souligner les succès de l’opposition syrienne en exil à gagner le soutien des minorités en Syrie, le bureau de presse Hariri à Beyrouth vous fournira les numéros de téléphone d’un chrétien, d’un druze, d’un kurde, et même d’un alaouite opposé au régime.

27. La connaissance de l’arabe – comme à chaque fois qu’il s’agit de couvrir le Moyen Orient – n’est pas du tout nécessaire, du moment que vous savez à quoi ressemble un sandwich aux falafels.
http://www.michelcollon.info/Comment-co ... ml?lang=fr

« Je ne comprends pas les réticences en ce qui concerne l’utilisation de gaz. Nous avons définitivement adopté à la Conférence de paix la position de retenir le gaz comme méthode permanente de guerre... Je suis fortement en faveur de l’usage de gaz toxiques contre des tribus qui ne sont pas civilisées » (Winston Churchill, War Office Minute, 12 mai 1919).


A+
Avatar du Gaulois
avechelice
 
Messages: 1210
Inscrit le: 09 Nov 2011 19:29

...
 
Suivant

Retour vers ACTUALITE

Quel Gaulois est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant PDG : Aucun Gaulois inscrit et 8 futurs Gaulois invités

  • Annonces Google
  • -->
    -->